Mes pensées

Dans mon intimité …

Quand il s’agit de la sphère privée selon le contexte je publie ou non ce que j’ai écrit à cœur ouvert. Aujourd’hui j’ai besoin de vous le partager, à vous, vous qui ne me connaissez qu’à travers quelques écrits et quelques postes, mais à vous surtout qui ne connaissez pas ma famille et qui aurez un avis extérieur à la situation. Je vous préviens ça risque d’être long !

J’ai depuis un certain nombre d’années ce qu’on peut appeler un sixième sens. Je ressens les choses qui se produisent autour de moi, au niveau de mes proches que je sois présente ou à distance. Je ne sais pas si je m’exprime bien… Par exemple quand un de mes proches ne va pas bien je le sais avant même qu’il ne m’en parle pourtant je ne l’ai pas en face de moi ni même au téléphone. Lorsque mon chien est décédé je n’étais pas présente puisque je suis dans une autre ville pour mes études. Bien qu’aucun membre de ma famille ne m’ait tenu au courant pour éviter que je ne sois mal et que je ne puisse terminer mes partiels, à l’instant même où il nous quittait je le ressentais. J’étais envie de chagrin, avec un peu de soulagement et une envie de courir comme si c’était la dernière fois. Bien que sur le moment tout me paraissait incompréhensible et surtout bizarre. C’est quelque temps après que j’ai compris. (Et c’est à partir de ce moment-là que vous commencez à me prendre pour une folle, n’est-ce pas ? Bon du coup je vais continuer avec le sujet de cet article pour ceux qui n’auront pas « peur »).

Depuis quelques jours  j’étais souvent de mauvaises humeurs, assez (voire beaucoup) agressive avec les garçons (oui spécialement les garçons), j’étais agacée de tout et ce même en essayant de garder mon calme comme j’avais pris l’habitude de faire. J’avais mis ça sur le compte de la fatigue, du temps, des hormones. Et puis ce matin, je reçois un message de ma mère, qui me dit qu’elle a reçu une lettre du tribunal qui stipule que mon « géniteur » demande à ne verser que 300€ (pour 4 enfants bon 3 s’il ne me compte pas bien qu’il n’y’ ait pas le droit). C’est là que j’ai fait le lien avec mon humeur de la semaine. Une simple coïncidence, non je ne pense pas. J’ai toujours eu une certaine haine contre mon père, encore plus depuis qu’il a de nouveau lever la main sur l’aîné.

Mon « père » a toujours était de nature violente sous son air de saint… Avant lorsqu’il levait la main sur ma mère il le faisait à l’abri des regards, même si il se montrait parfois très violent avec nous surtout envers l’aîné. Mais une fois avec mes frères nous avons tout vu, tout entendu… Il nous a vu, on a vite regagné nos chambres terrifiés. Depuis, il ne se cachait plus, du moins devant nous. Plusieurs fois on a préparé des valises pour quittés la maison, mais ma maman n’a jamais eu le courage d’affronter le regard des autres, d’avouer qu’elle était une femme battue et encore moins inquiéter ses proches. Nous n’avons jamais rien dit à personne, nous n’avons jamais eu le droit d’en parler, notre maman nous l’avez fait promettre.

Bref, un jour il a pété les plombs. Mes parents étaient séparés mais mon « père » vivait toujours à la maison et ma maman fréquentait quelqu’un d’autre. Il le savait. Un soir, il était fou de rage, il a failli la tuer. Cela fait 12 ans, ça s’est passé dans la nuit du 9 mai 2008. J’avais 8 ans, la plus jeune qui a assistée de très près à la scène allait avoir ses deux ans le 11 mai. J’étais debout en train de somnoler devant la porte d’entrée, il était tard. Ce qui a sauvé ma mère ? Moi… quand j’ai entendu des cris, je me suis précipitée vers elle. Elle était par terre, je me suis penchée au-dessus d’elle pour lui épargner les coups… Après il l’a balancé de la porte d’entrée à la boite au lettre, il y a un peu près 15 mètres entres les deux. J’ai voulu sortir pour la rejoindre, il m’a attrapé par les cheveux et m’a tiré en arrière, puis il est sorti. Il a tenté de lui sauter dessus à pied joie ( à l’époque il pesait + de 100kg). Par miracle, elle a réussi à se décaler. Je suis sortie, il est rentré en jurant des insultes sur moi et ma mère. L’aîné pendant ce temps a eu le réflexe de prendre les plus petits pour s’enfermer dans une des chambres. Malheureusement nos voisins sont des personnes âgées et nous venons de la campagne avec genre moins de 100 habitants. Du coup malgré nos appels au secours on s’est retrouvé dehors, pieds nus, dans le noir. Mon chien qui ne se sauvait jamais à réussi à nous rejoindre. […]

Au moment où les gendarmes sont arrivés, nous sommes sortis de notre cachette au même moment mon père arrivait en voiture, il a failli nous renverser, car oui il était parti nous chercher dans tout le village. Les gendarmes n’ont rien fait pour nous aider. Mon père a réussi à approcher ma mère a lui arracher son médaillon. Nous étions assise par terre, je tremblais de peur, de froid, j’étais inquiète. Ils ont appelé mon grand-père maternel. Lui qui n’était pas au courant de la situation, a pris parti de mon père car celui-ci lui a retourné le cerveau et ne lui a dit qu’une partie de l’histoire. 5h du matin, on se retrouve avec des sacs poubelles à mettre nos affaires dedans, nous avons dû partir de la maison pour notre « sécurité ».  Avec nos valises, sacs poubelles et nos chats nous nous sommes rendus chez des amis. Nous n’avons pu prendre nos chiens lors de ce premier voyage. Nous les avons récupérer le lendemain ou surlendemain. J’avais peur pour eu aussi, car ça lui arrivait de les maltraiter aussi. […] Il s’en est sorti avec deux mois de sursis.

J’écourte au maximum car il y aurait tellement à dire, à redire, sur toutes ces années.

A ma majorité moi, j’ai cessé d’aller chez lui, déjà parce que je préparais mon bac, et puis j’avais toujours la boule au ventre d’y aller. Si on voulait passer un bon week-end il ne fallait pas le contredire, et surtout ne pas faire quelque chose ou dire quelque chose qui pouvait lui rappeler ma mère, là c’était fichu. On avait le droit à une leçon de moral, à des reproches, un retour sur le passé… Nous on ne voulait qu’une chose : oublier, passer à autre chose. Moi, j’en prenais toujours pour mon grade, étant la fille, la plus grande. Et puis entre nous c’est ma mère qui m’a élevé du coup j’ai un peu (beaucoup) son caractère… du coup j’avais le droit à souvent des reproches.

Mais quel soulagement quand j’ai réussi à ne plus me forcer à y aller, quand j’ai arrêté de lui dire amen à tout. Le seul truc qui me fait un peu regretter ce moment, c’est que ce jour-là il était avec mes frères et ma sœur, ils ont failli avoir un accident… Dieu merci, cela a été évité.

En janvier, il a levé la main sur mon grand frère. Mon père l’avait coincé dans la salle-de-bain, et balancé dans la baignoire. Mon frère a réussi à s’enfuir et à se réfugier dans une chambre pour appeler la police. Mon père l’insultait de tous les noms. Il n’a pas été emmené au poste. Mais mon frère a porté plainte contre lui. La procédure est encore en cours. Depuis aucun de nous ne le contacte et ne va chez lui. L’un de mes frère qui inquiet de devoir de savoir si oui ou non ma sœur devra aller un jour chez mon père (lui venait d’avoir ses 18ans et mon autre frère en avait 16 du coup eux pouvaient décider si ils y allaient ou non) s’est mis à pleurer au lycée, et à ne parler à personne. L’assistante sociale a demandé à le voir, il lui a tout raconté, delà elle a pris contact avec ma sœur et mon frère avec l’accord de ma mère. Ça a fait du bien à ma sœur d’en parler à quelqu’un. Maintenant que plus personne ne la force à aller chez lui elle fait moins de cauchemars.

Depuis quelques années mon père ne respecte pas vraiment les montants des pensions alimentaires. Ma mère a toujours laissé traîner cette histoire pour éviter qu’il y ait des représailles sur nous. Maintenant qu’aucun de nous n’y va, elle a engagé un huissier pour lancer la procédure et récupérer les impayés. Et là il fait une demande, pour ne payer que 300€. C’est la somme que ma mère débourse pour un semestre même pas de cantine pour ma sœur. Sachant qu’il y a aussi l’internat pour mes frères. Pour le moment il n’y a que moi qui bénéficie d’une bourse pour mes études. Sans elle, j’aurais pu dire adieu aux études et bonjour le monde du travail. Ayant pour seule ressource la bourse je fais attention à tout, j’évite de sortir, de faire des achats inutiles. La plupart du temps que je débourse beaucoup c’est pour faire plaisir à ma famille.

Clairement je n’en peux plus de lui, de l’emprise qu’il a sur nous. J’ai refusé d’aller dans une fac juste parce que c’était dans la même ville que son lieu de résidence. Je ne me voyais pas dans la même ville que lui. Là où je suis-je sais qu’il n’y a pas de risque à ce que je le croise. Et encore, même si je sais qu’il y a peu mais très peu de chance qu’il se trouve ici, dès que j’aperçois le même modèle de voiture que lui, je commence à paniquer.

Bref. Ma mère a besoin de cette pension alimentaire pour nous élever, pour nos études. Même si j’ai bien envie de dire, viens on s’en fiche on n’a pas besoin de cette argent pour s’en sortir. C’est faux. Heureusement que ma mère est économe et qu’il y a mon beau père pour subvenir à nos besoins, bien que ce ne soit pas à lui de le faire. A la place de prendre soin de deux enfants et de sa femme, il prend soin des 4/5 autres enfants de sa femme.

Je ne sais pas si j’ai vraiment respecté un ordre assez logique dans mes propos, mais j’ai un souffle, de soulagement ou de désespoir face à ceci, qui s’installe en cette fin de récit.

Sur ce, une bonne soirée à vous quand même ! On garde le sourire pour mieux affronter ça !

 

 

 

 

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15 réflexions au sujet de « Dans mon intimité … »

  1. Bon jour,
    Effectivement, ce n’est pas une vie facile. Je comprends tout à fait … ayant vécu ce genre de situation pendant des années … il y a quelques décennies … on vit avec … et surtout garder le cap pour sortir de cet enfer …
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Max-Louis,

      Oui, on vit avec .. On n’a pas vraiment le choix
      Maintenant le plus dur c’est surtout pour ma maman qui aimerait ne plus être embêter par les soucis financiers à cause de lui. Moi depuis que je suis loin de lui, et que mes frères et soeurs n’y vont plus j’ai un poids en moi.

      Bonne soirée à toi!

      Aimé par 1 personne

  2. J’aime ton article, c’est triste bien sûr mais j’espère que c’est un souffle de soulagement que tu as ressenti; et j’espère aussi que tout va s’arranger pour toi et ta famille! ça se voit, par ton article, que tu es une femme forte (ta mère aussi) et que vous allez surmonter ce problème!
    Bonne journée à toi !

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  3. Courage pour les retards de pensions. Il faudra surement un jugement pour les retards et le nouveau calculs demandés. Heureusement que maintenant, les victimes sont plus écoutées mais hélas, tant qu’elles ne portent pas plaintes, les gendarmes ne peuvent rien faire.

    Aimé par 1 personne

  4. Je tombe sur peu de blogs racontant des histoires de famille et lorsque cela arrive, comme avec le tien, je ne peux que compatir face au récit de ton expérience. Mes parents sont tous deux décédés et je n’ai pas encore le courage et la force d’écrire à ce sujet. Pourtant, te lire me donne cette petite impulsion qui me faisait défaut jusqu’à présent. Lorsque je serai prête à écrire sur eux, je ferai référence (avec lien) à ton article si tu es d’accord. J’espère que tes relations avec tes frères et soeurs ansi qu’avec ta mère viennent combler les insuffisances du père. Je te souhaite tout plein de bonnes choses, tu le mérites, j’admire ton courage.

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    1. Wouah ton commentaire me touche énormément…
      Avec plaisir et je serais ravie de le lire !
      Ecrire m’aide énormément surtout quand je ne sais plus trop où j’en suis ou quand je porte trop de choses sur mes épaules. ça me permet de me libérer et d’être en paix avec moi même si je puis dire ainsi.
      Mon beau père remplace déjà le rôle de mon géniteur. Pour moi c’est lui mon père. Malgré quelques désaccords il s’est montré bien plus présent pour nous.

      Merci beaucoup! Je ne sais que dire d’autre…

      Plein de bonnes choses à toi aussi. J’espère que tu trouveras la force d’écrire ce que tu ressens même si tu ne le publie pas au moins pour toi, pour y mettre des mots même si il en ressort du chagrin, il y aura forcément un once d’amour et de force qui t’aideront à avancer

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      1. Un grand merci pour ton retour ! L’écriture est un moyen de se faire du bien et d’extérioriser toutes les émotions négatives. Je trouve que l’on n’emploie pas assez l’écriture en ce sens car écrire demande du temps et le temps nous est compté chaque jour qui passe.
        Je vais m’abonner à ton blog 🙂

        Aimé par 1 personne

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